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| Une
vie de Boy de Ferdinand Oyono |
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La
transformation de Toundi au travers d' Une vie de boy
L'œuvre intitulée
Une vie de boy , écrit par Ferdinand Oyono, est a l'origine un journal
intime, tenu par un petit africain qui témoigne de son expérience
en tant que boy pour une famille francaise au Cameroun. Le lecteur
peut s'apercevoir au début du livre que Toundi a une vision idéalisée
du monde des blancs, du style de vie et des conséquences de la colonisation.
De plus, le lecteur peut aussi apprécier l'évolution du personnage
principal et sa prise de conscience par rapport aux relations blancs-noirs
en Afrique. Cette analyse va se concentrer sur l'évolution de Toundi
et sa compréhension du monde qui l'entoure.
Toundi, le
personnage principal de l'œuvre Une vie de Boy note une certaine
différence entre le monde des blancs et celui des noirs lorsqu'un
missionnaire blanc arrive dans son village. Alors que Toundi est
victime de la cruauté de son père, la description physique qu'il
nous fait du père Gilbert « l'homme blanc aux cheveux semblables
à la barbe de mais, habillé d'une robe de femme, qui donnait de
bons petits cubes sucrés aux petits noirs. (16)» nous montre
les blancs comme gentils, agréables et vivant une vie meilleure.
C'est cette image (illusion) qui pousse Toundi à se réfugier chez
le père Gilbert.
Cependant,
sa fuite vers le monde des blancs ouvre les portes à la servitude,
ce que Toundi semble ignorer, malgré des abus croissants à la mort
du missionnaire. Comme il n'est encore qu'un enfant, Toundi a une
compréhension limitée du monde et il pense qu'en étant le serviteur
des prêtres, puis du colonel, il est protégé de l'extérieur et il
pense même être supérieur aux autres noirs : « je serai
le boy du chef des blancs : le chien du roi est le roi des
chiens (32)» Malgré tout, Toundi commence à perdre sa vision
embellie du commandant, qu'il pensait tout puissant dés qu'il le
voit sous la douche et s'aperçoit que ce dernier n'est pas circoncis.
Du point de vue de la culture camerounaise, le commandant ne peut
pas être considéré comme un homme puisqu'il n'a pas passé le stade
de la circoncision. En conséquence, Toundi se rend compte que le
monde des blancs n'est pas sans faille et de ce fait, sa vénération
du colonisateur disparaît : « Cette découverte m'a beaucoup
soulagé. Cela a tué quelque chose en moi… Je sens que le commandant
ne me fait plus peur. Quand il m'a appelé pour que je lui donne
ses sandales, sa voix m'apparu lointaine, il m'a semble que je l'entendais
pour la première fois. (45) »
Le deuxième
élément qui contribue à la prise de conscience du personnage principal,
est l'hypocrisie des blancs, en particulier de Madame (la femme
du commandant). Selon Toundi, Madame a un rapport avec M. Moreau,
le directeur de la prison, et, alors que sa maîtresse profite de
toutes les opportunités pour voir son amant, Toundi nous explique
qu'elle ose inviter les Moreau en présence de son mari, et ne cache
en aucun cas ses sentiments pour M. Moreau. Toundi, qui a un profond
respect pour son maître semble avoir du mal à tolérer le fait que
madame trompe son mari, qui n'a rien fait pour le mériter et cela
lui démontre encore une fois que le monde des blancs est malhonnête.
Un autre
élément qui pousse Toundi à douter du monde qui l'entoure est le
manque d'intimité de Madame. Il ne comprend pas pourquoi sa maîtresse
n'essaie même pas de cacher de ses serviteurs hommes, certains aspects
typiquement féminins telles que les bandes hygiéniques qu'elle utilise.
Un autre exemple de ce manque d'intimité se reflète dans l'épisode
des préservatifs que Toundi trouve sous le lit par inadvertance.
De ce fait, Toundi semble remettre en question l‘idée que les blancs
sont plus civilisés, sophistiqués et éduqués que les noirs alors
que les blancs montrent un sans-gêne que les noirs n'auraient pour
rien au monde. Cependant, les colères répétitives de Madame envers
ses serviteurs mettent en évidence le mépris des blancs envers les
noirs, les stéréotypes que les blancs perpétuent au sujet des noirs
et qui illustrent le contraire de ce que Toundi dénonce, le manque
de respect de soi-même, de la part des blancs. Son idée du monde
colonial est déjà faite comme il le montre à la page 154 :
« Ses injures et coups de pied ont recommencé, il croit m'humilier
ainsi et ne le peut autrement. Il oublie que cela fait partie de
mon métier de boy, un métier qui n'a plus de secret pour moi ».
En mentionnant son métier de boy, il inclut par la même occasion
le monde des blancs.
Le point culminant
de la prise de conscience de Toundi est l'épisode de « la bastonnade »,
lorsqu'il est témoin de la cruauté des blancs envers ses compatriotes.
Toundi questionne alors la religion des blancs et « le dernier
commandement de l'Eglise (115)» que l'on peut interpréter
comme étant le dernier commandement de Jésus « Aimez-vous les
uns les autres comme je vous ai aimé ». En effet, Toundi nous
pose directement la question « Le prochain du blanc n'est-il
que son congénère ? Je me demande, devant des pareilles atrocités,
qui peut être encore assez sot pour croire à tous les boniments
qu'on nous débite a l'Eglise et au Temple… (115)» Toundi explique
de façon très claire les conséquences de la bastonnade sur lui. « La
scène de la bastonnade m'avait bouleversé. Il y a des spectacles
qu'il vaudrait mieux ne jamais voir. Les voir, c'est se condamner
à les revivre sans cesse malgré soi (116). » Son mépris pour
le blanc n'en est que renforcer. Cependant, on peut noter que malgré
sa prise de conscience, Toundi a toujours besoin de guides qui le
conseillent. Grâce à Kalisia, la femme de chambre, il apprend à
se méfier des blancs et il prend conscience du danger qu'il court,
étant au courant de la relation de madame. Il comprend que les blancs
ne veulent pas faire face à leurs erreurs et responsabilités et
les noirs leur servent de bouc-émissaires.
A travers cet ouvrage, Ferdinand Oyono dénonce l'inégalité
des relations entre les blancs et les noirs. Son personnage principal
nous permet d'observer la prise de conscience qu'il développe à
cause de ce qui lui arrive. Le lecteur peut voir grâce à Toundi
l'évolution d'un enfant naïf qui, à cause du mépris et du mauvais
traitement du colonisateur devient un personnage haineux.
Work
cited.
Oyono,
Ferdinand. Une vie de Boy . Saint-Armand-Montrond : Bussiere,
2001.
Katherine Crews, Automne
2003. |
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Quand on a vu Toundi, dans les premières pages
de son cahier aller pour vivre avec des Blancs, on penserait qu'il
vais au Paradis. Mais cela est la naïveté de Toundi. Si le monde
des blancs était le Paradis, c'est le Paradis au temps de la tombée.
Mais on peut continuer cette manière de pensée. Le Paradis est un
monde divisé entre deux—l'innocence et la culpabilité. Plusieurs
fois dans le roman de Ferdinand Oyono, on peut voir cet ancien thème—l'innocence
à la merci de la coupable—et la réalisation de Toundi de la nature
vrai de ces rapports.
Le premier
exemple de l'innocence et le coupable est à la Missionnaire. Les
Pères sont des blancs qui viennent pour sauver les nègres. C'est
ici où Toundi peut échapper à son père et trouver son nouveau père,
son bienfaiteur le Père Gilbert. Il est fasciné par l'église catholique
mais il reste là et découvre la vérité. Les rôles sont renversés
ici. On peut voir le père Vandermayer. Oui, il est un père mais
ses méthodes sont un peu douteuses. A la page 25, Toundi dit :
« Un jour il m'avait fait venir dans sa chambre où il m'avait
déshabillé pour me fouiller. Il m'avait flanqué que d'un catéchiste
pendant toute la journée pour le cas où j'aurais avalé des pièces
de monnaie….Je ne pourrais jamais supporter ce qu'il fait à ceux
dont il sanctionne les actes. » Toundi
est innocent dans cette scène mais c'est Vandermayer qui frappe
un fils. Qui est innocent ? Il dit à la page 54 « Ces
serviteurs de Dieu, armés de chicottes… »
L'une
des choses qui plaisent Toundi, c'est de toucher les mentons des
petites belles filles pendant le service. Mais éventuellement on
peut voir son dégoût à la Missionnaire : « J'ai
revu ma belle communiante à l'enterrement. Elle a encore fermé son
œil. Elle est stupide… » [33]
Une
autre relation entre cette type est entre M. Moreau et les hommes
noires à la place de la bastonnade. Cette une scène terrible et
dégoûtante pour nous, les lectures, à cause de la violence insensé
et parce qu'il n'est pas sure de la culpabilité des hommes qu'ils
battent. Mais nous sommes surs que M. Moreau a commit les péchés.
Il est adultère et le chef d'une prison que les indigènes appelle
‘la mort des noirs.' Comme l'article de Lillian Corti dit, si c'est
le jardin du Paradis, M. Moreau est vraiment le serpent.
Mais ce thème d'innocence est le plus important quand Toundi est
l'innocent. Cela était le cas quand le commandant retourne pour
trouver que sa femme est infidèle. Toundi est simplement un témoin
innocent mais il est un témoin. A cause de cela, il est la personne
qui reçoit toute la colère de la femme du commandant. Mais, comme
M. Moreau, elle est la personne coupable. Mais c'est plus facile
pour les Decazy d'avoir de la haine pour Toundi que pour eux-m ê
mes.
Toundi est l'innocent aussi avec le cas de l'amant de Sophie. Il
n'est pas son amant. Ca c'est l'ingénieur mais il ne peut pas payer
le prix pour être stupide et irréfléchi avec une femme noire intelligente
dans son service. Mais Toundi doit aller à la prison et Toundi doit
se présenter au fouet, et non pas l'ingénieur. Ce monde du Paradis
n'est pas juste.
A la fin, c'est Toundi qui est toujours innocent mais qu'il
doit payer le grand prix. Il paie le prix pour les péchés des blancs.
Peut-être Oyono ne veut pas invoquer l'image du Paradais mais peut-être
d'un autre qu'il était payé le grand prix. Le missionnaire à l'hôpital
compare Toundi au Christ. Comme Christ, Toundi est toujours innocent
mais doit payer le prix pour les autres. C'est une illusion à l'exemple
de la plus grande d'histoire d'une relation entre l'innocence et
le culpabilité. Ce roman est une critique violente d'Oyono du monde
sous l'imperalisme français.
Anna Griffin, Automne 2003. |
Des conséquences dangereuses accompagnent toujours une conviction
profonde dans l'immuabilité d'une culture, d'une société, d'une
personne. Cette conviction a beaucoup marqué l'histoire. Considérez,
par exemple, les guerres d'indépendance contre des présences coloniales--quelle
que soit la guerre, quelle que soit la nationalité exigeant son
installation valable, dans chacune des ces histoires on y trouvera
comme la force suprême oppressive cette conviction, infestant
dans la pensée colonialiste et menaçant à y demeurer une éternité.
Cette conviction sert de justification à l'oppression continuelle
de l'indigène, pour l'échec du colonisateur à donner à l'indigène
ses droits, son indépendance, sa vie sans la manipulation et l'intervention
du pouvoir souverain. Cette société indigène est totalement barbare
et manque de structures économiques et légales qui assureraient
leur floraison, l'esprit colonial s'est-t-il dit. En fait, il
faut que nous restions ici, que nous soyons présents précisément
à cause du fait que la nature de ce peuple est immuable. C'est
à dire, nous ne pouvons jamais nous attendre à ce que ce peuple
indigène puisse adopter et promulguer profondément les manières
de vivre correctes : les nôtres. A la suite de ce raisonnement,
la pensée la plus dangereuse se présente : si un individu
(ou, dans ce contexte, un peuple entier) est incapable d'atteindre
le statut correct, cet individu ne méritera jamais les droits
accordés à un tel individu de statut correct, y compris l'indépendance,
l‘autonomie, et l'autorité. En gros, c'est un discours de la supériorité,
de l'ethnocentrisme qui insiste sur « l'état arrière »
du l'Autre comme une vérité afin de le supprimer en effaçant la
validité des différences culturelles aussi bien qu'un droit à
la liberté.
Ferdinand Oyono illustre ce phénomène à travers son œuvre
Une vie de boy. Les blancs réduisent les indigènes aux stéréotypes
et aux généralisations. De cette façon, les indigènes ne pourront
jamais assumer ni une identité plus riche, plus dynamique ni la
capacité de se gouverner, de créer, de construire une nation qui--toujours
selon les blancs (le prototype d'existence!)--égalerait la sophistication
du monde occidental. Par exemple, la femme du commandant
observe Toundi et le résume finalement dans un stéréotype, « tu
n'as pas cette joie de vivre qu'ont tous les travailleurs indigènes »
(86) comme si les indigènes se réjouissaient de la présence des
blancs. Elle continue plus tard dans sa communication à travers
des stéréotypes quand elle gronde Baklu. « Il [Baklu]
psalmodiait une réponse que Madame imitait avec une drôle de grimace
tout en allongeant sa lèvre inférieure et en balançant sa tête
à droite et à gauche. » (112)
Néanmoins, les références deviennent de plus en plus
malines. En parlant de Toundi, M. Moreau dit, « …il n'ose
pas nous regarder. Son regard est aussi fuyant que celui d'un
Pygmée…il est dangereux. C'est comme ça chez les indigènes. Quand
ils n'osent pas vous regarder, c'est qu'ils ont une idée bien
arrêtée dans leur tête de bois…. La place de celui-ci est chez
moi…à Bekon. » (121) Plus tard, la femme du docteur se plaint
des indigènes : « Ils sont comme ça…gênants et indiscrets. »
(128) Le commandant aussi s'exprime d'une telle manière, « Ca
sent…ici…. C'est peut être toi [Toundi]…. Quand on a des nègres…il
faudrait que toutes les issues soient toujours largement ouvertes…»
(157)
Les actions des blancs illustrent également
cette conviction à leur supériorité. Considérez leur manière de
diviser en deux l'église : les indigènes ne méritent pas
la même proximité au Dieu. « La nef de l'église, divisée
en deux rangées, est uniquement réservée aux Noirs. Là, assis
sur des troncs d'arbre en guise de bancs, ils sont étroitement
surveillés par des catéchistes prêts à sévir brutalement à la
moindre inattention… » (54) En outre, il faut remarquer leur
façon de chicoter les indigènes, comme si ce n'était que des bêtes
sans esprit ni âme. Cependant, après tout, la femme du commandement
se sert de témoignage en ce qui concerne cette mentalité :
« la sagesse recommande à chacun de garder sa place. »
(88)
En
d'autres termes, les blancs réussissent à naturaliser leur domination :
la domination est inévitable puisque ce peuple indigène vit à
un état retardé. Denier leur humanité ; ce ne sont que des
animaux. Le lecteur comprend rapidement la tendance du blanc à
opprimer ceux qu'il considère au-dessous de lui. Or, ce qui est
plus important—ce qui a des implications au-delà des stéréotypes
superficiels--c'est que l'on peut également distinguer la justification
mise en place par les blancs pour leur présence opprimante, une
présence qui dénie l'autonomie de cette vie africaine. Après tout,
les stéréotypes sont gelées et font geler tout dans une dichotomie
qui fait du bien seulement à ceux qui détiennent un pouvoir réel.
Je crains que les membres de nos communautés ne soient trop avares
afin d'éradiquer volontairement ce privilège injuste.
Marialanna
Lee, Automne 2003.
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La
dénonciation de la colonisation dans Une vie de boy
Dans son oeuvre,
intitulée Une vie de boy , Ferdinand Oyono nous traduit
le journal intime d'un enfant du Cameroun, Toundi, qui se met au
service des blancs afin de fuir la cruauté de son père.
L'évolution du
personnage principal est flagrante lorsque l'on se penche sur le
vocabulaire qu'il emploie. Dés le début du livre, le lecteur est
frappé par la différence de registre entre l'introduction du texte
qui se trouve être en fait la fin de l'histoire, et le début du
premier cahier de Toundi.
Certes, le
journal commence alors que Toundi est enfant. Le vocabulaire employé
montre une ignorance totale du monde des blancs. En effet, lorsqu'il
décrit le père Gilbert pour la première fois, Toundi déclare à la
page 16 “je ne m'y étais rendu que pour approcher l'homme blanc
aux cheveux semblables à la barbe de maïs, habillé d'une robe de
femme, qui donnait de bons petits cubes sucrés aux petits noirs.”
Au contraire, lorsqu'il décrit son père et sa case, il emploie des
termes bien précis car habitué à cet environnement: ”Le bruit des
pilons annonçait notre repas du soir. Je revins doucement derrière
notre case et regardai à travers les lézardes du mur de terre battue.”
(20)
Lorsqu'il
s'engage comme le boy du père Gilbert, Toundi, qui vit dans un monde
totalement différent, emploiera toujours ce vocabulaire enfantin
et naÏf pour décrire ce qui l'entoure et lui arrive. De ce fait,
il ne semble pas comprendre les abus qu'il vit et sur lesquels est
basée la société coloniale française au Cameroun. Cependant, la
description enfantine de ces abus force le lecteur à faire face
aux inégalités et à l'exploitation des noirs comme à la page 24
“Je suis son boy, un boy qui sait lire et écrire, servir la messe,
dresser le couvert, balayer sa chambre, faire son lit... Je ne gagne
pas d'argent.”
Cet état
de naïveté est présent dans le texte jusqu'à la fin du premier livre.
Ce qui marque vraiment un changement en Toundi, et du fait cause
une modification de son vocabulaire, est l'épisode de la bastonnade,
lorsqu'il se rend compte de cette cruauté envers les noirs mais
aussi de l'hypocrisie du monde blanc en lui-même “Je me demande,
devant de pareilles atrocités, qui peut être assez sot pour croire
encore à tous les boniments qu'on nous débite à l'Eglise et au Temple...”
(115) Toundi perce à jour les excuses mises en avant pour justifier
la colonisation comme la religion et la civilisation, en dénonÇant
ces deux domaines en particulier. Et qui, mieux qu'un boy qui vit
avec les blancs pourrait dénoncer cela?
Ce changement
de registre, qui passe à un niveau supérieur, donne plus de poids
aux arguments de Toundi, cassant les stéréotypes que les blancs
ont envers les noirs, les imaginant enfantins et incapable de penser
ou de raisonner par eux-mêmes. La voix de Toundi s'élève dés son
enfance pour dénoncer le monde des blancs, et la différence de registre
de langue entre les deux cahiers de son journal souligne la cruauté
de la colonisation de deux façons différentes: tout d'abord, l'inconscience
de Toundi amène le lecteur à prendre conscience de la situation.
Puis, C'est au tour de Toundi cette fois-ci de dénoncer lui-même
la colonisation. La mort tragique du personnage principal est la
“dernière touche” de cette dénonciation.
Tout en analysant
le vocabulaire utilisé dans l'œuvre, il est aussi intéressant de
se demander pourquoi Ferdinand Oyono a décidé de traduire ce journal
intime en franÇais, langue des colonisateurs. S'il est vrai que
l'auteur a cherché à faire réagir le lecteur par lui-même, sans
avoir à lui mettre la condamnation sous les yeux dans le premier
cahier, la dénonciation n'en devient que plus puissante puisqu'il
met le lecteur francophone, dont font parti les français, face aux
conséquences de leurs actes au Cameroun.
Au
premier abord donc, Une vie de boy peut être déconcertant
de part la simplicité de son vocabulaire. Cependant, et comme nous
venons de le démontrer, cette simplicité cache en fait une dénonciation
de la colonisation. Le changement de registre de langue ne fait
que renforcer cette idée. De plus, le fait que Ferdinand Oyono ait
décidé de traduire ce journal intime en franÇais met le lecteur
face aux conséquences de la colonisation, si bien mise face à ses
contradictions grâce à Toundi.
Camille
Gros, Automne 2003.
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L'Histoire du petit garçon camerounais intitulé Une vie de boy par
Ferdinand Oyono partage avec les lecteurs de petits aperçus de la
culture et de la vie camerounaise. Cette vie, charactérisée par
les contradictions entre le monde blanc et le monde noir est développée
dans le roman. Le roman provient de deux petits cahiers écrits par
un garçon avant sa mort. L'auteur a traduit les deux textes en français
et après il a écrit le roman. Au début, Toundi, le petit garçon
a un schisme avec son père parce qu'il s'est battu pour des morceaux
de sucre. Son père a vu cette action comme une violation de la division
entre les blancs et les noirs. Toundi a essayé d'être blanc ou d'avoir
les plaisirs d'un blanc selon son père. À cause de ce schisme et
la mauvaise humeur de son père, Toundi est parti. Pourtant, cette
vie n'était pas comme Toundi pensait. Il a trouvé la Mission catholique
où il a appris le message de christianisme. Malheureusement, son
père à la Mission, Le Père Gilbert, le brutalise. Après la mort
du Père Gilbert, il est devenu « le boy » du commandant.
L'opulence du monde blanc ne créa pas la vie que Toundi cherchait.
Il y a des thèmes du roman qui existent dans d'autres romans qui
raconte l'expérience des noirs dans un monde gouverné par les blancs.
Premièrement, je vois
l'idée anthropologique du « noble sauvage » dans cette
œuvre comme je le vois dans Moi Tituba Sorcière…Noir de Salem .
Quand j'écris le mot « noble sauvage » je parle de la
signification donnée aux peuples indigènes- ils ne sont pas « civilisés »
mais ils sont nobles- ils ont l'honneur. Ce thème est le plus clair
à la page 74 où Toundi décrit l'apparence physique de sa reine par
des animaux et d'autres éléments de la nature. Il dit : « ma
reine aux cheveux couleur d'ébène, aux yeux d'antilope, à la peau
rose et blanche comme l'ivoire. » Je pense que cette description
est un embellissement de la langue originale de Toundi et elle évoque
l'idée du « noble sauvage. » Quand on utilise la notion
de « noble sauvage » on oublie la réalité d'un peuple.
Il y a des proverbes
dans le roman que j'aime beaucoup mais ils ajoutent un peu à l'idée
de "noble sauvage." J'aime beaucoup la phrase qui dit:
La vie est comme un caméléon, elle change tout le temps. Je pense
que c'est vrai aussi. En plus, le proverbe à la page 88 est très
intéressent aussi, elle dit: "La rivière ne remonte pas à sa
source." Tous les deux évoquent le thème de la nature et évoquent
un rapport spécial entre Toundi et la nature. Dans Moi Tituba Sorcière…
Noir de Salem il y a un rapport spécial entre Tituba et la nature
et Man Yaya et la nature. C'est comme s'ils sont plus familiers
avec la nature et les choses naturelles parce qu'ils se sont détachés
de la civilisation. C'est le même pour Toundi.
Toundi ne
pense pas qu'il a un avenir comme Tituba ne pense pas qu'elle a
un avenir. À la page 88 sa reine demande s'il veut une famille et
Toundi dit: "Peut-être Madame mais ni ma femme, ni mes enfants
ne pourrant jamais manger ni s'habiller comme madame ou comme les
petits blancs." C'est très triste et j'exige de trouver ce
thème dans tous les romans francophones qui explique l'histoire
des peuples noirs.
La
religion et le thème d'hypocrisie sont aussi un thème en Une vie
de boy . La Mission, la place où on exige de trouver la paix et
l'égalité et une place encore brutale pour Toundi. L'auteur souligne
cette hypocrisie quand il décrit la messe. Aussi, une femme chrétienne
a fait l'adultère et plus terrible que les hommes chrétiens ont
tué un garçon. C'est difficile d'aimer le roman, mais en même temps
c'est important que le monde se rappelle de l'histoire.
Gabrielle Durden, Automne 2003.
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Mon rapport intime avec ce roman africain n'est
pas aussi puissant que celui de Moi, Tituba sorcière… , probablement
parce que les circonstances de l'intrigue sont bien hors de
mon expérience particulière. Mais ce n'est pas à dire que la trame
ne soit pas enveloppante, que l'écriture ne soit pas lumineuse,
ou que les personnages ne soient pas aussi frappants, aussi
réels que ceux de Maryse Condé – surtout parce qu'ils sont vraiment
existants ! Cette histoire sert à approfondir ma connaissance
de la culture coloniale de l'Afrique, de l'abus des indigènes aux
mains de l'Homme Blanc, et des résistances indigènes contre
cet être tout-puissant qui les domine et les torture ; et elle
aussi sert à parfaire ma compréhension de la colonisation des Antilles,
notamment en ce qui concerne la nature de la domination Blanche
de région en région.
J'ai trouvé Kalisia, la jeune femme indigène
qui est devenue femme de chambre de Mme. Decourzy, un personnage
assez inattendu dans le roman, à cause de son pouvoir. Les journaux
de Toundi ont toujours présenté la vie coloniale en Afrique comme
étant complètement patriarcale, aussi bien dans le quartier blanc
que dans le quartier indigène : les femmes, même les femmes
Blanches, existent purement comme un réceptacle pour la reproduction ;
pour le plaisir de l'homme ; comme des symboles de l'influence
ou de l'importance de l'Homme ; ou bien pour accomplir les
tâches domestiques. Mais Kalisia est douée avec un certain pouvoir
inexprimable qui lui permet à résider dans une zone de conscience
unique à elle. Elle n'a pas peur ni de sa maîtresse Blanche (pp.
141-143), ni des hommes Noirs qui l'entourent, deux groupes assez
puissants – au moins, plus puissants qu'elle, une femme Noire. Ses
expériences de la vie vont plus loin de celles de la femme Noire
moyenne : un homme Blanc a voulu l'épouser, une chose singulière
à l'époque ; elle a vécu avec des Blancs et des Noirs tous
les deux, sans aucun problème – elle était vraiment entre les deux
mondes, Noir et Blanc, dans son propre univers. Et, la chose la
plus étonnante, elle peut voyager n'importe où, n'importe quand,
selon ses propres désirs. Sa liberté jusqu'au point de son entrée
en scène dans le roman est bouleversante quand on la compare à celle
des autres femmes, Noires ou Blanches – même aux hommes Noirs –
qui ne peuvent pas se déplacer sans la permission de l'homme Blanc,
l'être qui gouverne tout. Sa connaissance, aussi, est saisissante :
elle donne des conseils à Toundi sur son comportement envers les
Blancs et la situation dangereuse dans laquelle il se trouve, conseils
qui sont bien intelligents et indispensables, comme on voit avec
le déroulement de l'histoire. Pour moi, Kalisia est la manifestation
de l'Afrique moderne, ou bien l'Afrique du futur : séparée
des cultures coloniales, différente d'eux, dans une zone unique
à elle ; mais aussi sage, cultivée et avantagée que les colonisateurs
de l'Occident.
Holly Worrell, Automne 2003.
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