Moi, Tituba... Sorcière Noire de Salem

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Moi, Tituba... SorcièreNoire de Salem de Maryse Condé

Tituba, la sorcière mal comprise

 

          Dans sa reconstruction du personnage Tituba, Condé met en question la conception traditionnelle de la sorcière. Son texte décrit les mythes qui entourent Tituba pour défier les attitudes culturelles qui régnaient et pour modifier les croyances dominantes qu'avaient des gens au sujet des « sorcières » Moi, Tituba révèle la construction culturelle de l'identité de la « sorcière «  en démontrant la manière dans laquelle la signification du mot change selon les différents contextes.

          Avec les personnages Tituba et Man Yaya, Condé valide d'autres manières de voir et de savoir ce qui ont été exclues ou repoussées par des discours rationalistes dominants. Tituba interprète de nouveau ses pouvoirs surnaturels comme positifs et elle se considère guérisseuse. Elle veut aider. De cette façon, Tituba critique des sociétés qui calomnient la sorcière (comme les sociétés occidentales, par exemple). Elle affirme que « la sorcière » est un concept social, creé pour dénigrer et contenir les pouvoirs féminins de la guérison et de la communication avec le monde inaperçu. Tituba elle-même demande aux filles (qui, plus tard, l'accuse) si elles savent vraiment qu'est-ce qu'une sorcière. A mon avis, elle demande cette question pour questionner les suppositions des petites filles et, aussi, du lecteur.

         Partout dans le roman, l'auteur exprime l'attitude que la sorcière doit être aimée et vénérée plutôt qu'être crainte. Par exemple, dans la forêt, Tituba fait la connaissance de Judah White, une amie de Man Yaya, qui continue son éducation dans les remèdes à base de plantes. Judah White théorise sur la signification historique donnée aux sorcières :

« Les hommes nous haïssent et pourtant nous leur donnons les outils sans lesquels leur vie serait triste et bornée. Grâce à nous, ils peuvent modifier le présent, parfois, lire dans l'avenir. Grâce à nous, ils peuvent espérer. Tituba, nous sommes le sel de la terre » (85-86). Le texte humanise « la sorcière » et montre comment la société peut donner une mauvaise connotation à ce mot pour dominer et contenir des groupes qui sont différents et qui défient l'ordre social.

         Condé fait la différence entre la signification de la sorcière dans la société blanche et dans la société noire. Pour les Blanches dans le texte, la peau noire signifie le mal. Cette description indique le racisme inhérent dans la notion qu'avaient les Puritains de « la sorcière ». De plus, Condé expose l'hypocrisie de la société puritaine dans leurs supplications continues à Tituba d'employer ses pouvoirs pour leur avantage. Pendant ce temps, ils la condamnent à cause de ces mêmes pouvoirs.

      

        La sorcellerie est une science qui dépasse les sciences des personnes ordinaires. Le sens du mot  sorcière » dépend de celle qui parle. En général, c'est une personne avec des pouvoirs surnaturels qu ‘on ne comprend pas nécessairement. Dans le cas de Tituba, elle veut aider mais elle est mal comprise. De cette façon, Condé emploie le personnage de Tituba pour faire des critiques sociaux et pour montrer l'hypocrisie qui était profonde dans la manière de vivre des Puritains.

 

                                                                                   Erin Turner, Automne 2003.

         

          La motivation qui fonctionnait derrière les chasses aux sorcières est, à mon avis, très évident : en essayant d'éradiquer les sorcières, les blancs tentaient de contrôler ce qu'ils ne comprenaient pas ou ne connaissaient pas. Selon eux, il fallait complètement détruire l'opposition d'une autre culture afin d'éteindre la menace et de contrôler l'Autre. A travers son œuvre Moi, Tituba sorcière, Maryse Condé nous donne l'occasion d'entrer dans de tels esprits—par exemple, celui de Samuel Parris, un homme obsédé par sa tentative d'atteindre le statut d'un semi-dieu, d'un individu infaillible. Ce phénomène existe toujours, surtout dans la société américaine : réduire au silence l'homme en opposition ou l'homme opprimé, c'est résoudre la situation. Au sein de cette œuvre reste la tension et la bataille continuelle entre les forces surnaturelles en tant que concept chrétien/puritain et les forces surnaturelles en tant que concept de la magique et de (ce que nous qualifions de) la sorcellerie. La société à laquelle appartenaient les blancs n'a pas compris le deuxième concept. Leur manière de le confronter exclut tout effort de l'incorporer ; il faut le tuer, le déraciner avant qu'il n'ait l'occasion de se mêler à la culture blanche (et donc de laisser des tâches). Or, à travers le personnage Tituba, Maryse Condé nous donne également l'occasion d'observer un individu lorsqu'elle répond à ce désir blanc de monopoliser les forces surnaturelles qui s'impliquent dans nos religions. Elle refuse de se soumettre aux blancs, choisissant plutôt de créer sa vision de la révolte personnelle en tant que variable contrôlable de sa propre vie. Ainsi elle réclame une autonomie et une autorité qui, chez les esclaves, l'histoire (telle qu'elle est notée en général par des blancs) néglige souvent d'enregistrer.

     

          Tituba est une femme bouleversée par les tumultes de l'esclavage. Elle souffre à maintes reprises des humiliations et des tourments imposés par les blancs au fur et à mesure dans leur tentative de déraciner Tituba—précisément à cause de ses forces surnaturelles. Néanmoins, quoiqu'elle soit naïve, Tituba essaye courageusement d'imposer son propre contrôle. En d'autres termes, en dépit du contrôle que son ennemi emploie dans sa [Tituba] vie, Tituba se renforce de sa puissance et emploie sa propre forme de contrôle. Considérez, par exemple, l'avortement de son premier enfant. Tituba dit, « Pour une esclave, la maternité n'est pas un bonheur. Elle revient à expulser dans un monde de servitude et d'abjection, un petit innocent dont il lui sera impossible de changer la destinée. » (83) Quoiqu'elle dise, « Je me remis difficilement du meurtre de mon enfant » (84), elle continue : « Je savais que j'avais agi pour le mieux. » (84) Son avortement était donc sa manière de contrôler le destin de son enfant et du sien. Cette situation présente un témoignage de sa capacité de se diriger continuellement, soit dans des situations ayant beaucoup de signification, soit dans des situations ayant moins de répercussions qui ne touchent qu'elle. En plus, elle contrôle bien ses désirs intérieurs, quelque soit sa réaction suivante: « Me venger. Nous venger…. Déchaîner l'incendie, la tempête. » (109), dit-t-elle. « Il fallait que je rende coup pour coup. » (116) Et, peut-être la plus belle déclaration de Tituba : « …rien ne parviendrait à me détruire. » ( 133) En outre, je dirais aussi que Tituba et Iphigene exercent du contrôle dans leur vie à travers leur insistance pour que l'on crée un nouveau monde. Tituba lui dit : «…je rêve d'ouvrir sur un autre soleil les yeux de ma fille ! » (247) Les convictions positives emploient également des influences sur la qualité de vivre et sur l'autonomie.

 

            En conclusion, on peut suggérer que ces exemples n'indiquent pas forcément une puissance ou un vrai niveau de contrôle chez Tituba en ce qui concerne son existence. Je dirais, par contre, qu'il faut toujours situer un texte dans son propre contexte historique et littéraire. Il faut surtout rejeter la tentation d'examiner et de critiquer méticuleusement Tituba. Certes, elle est naïve—certes, elle ne peut pas se passer des hommes. Malgré cela, le lecteur profitera plus de cette œuvre s'il essaye de comprendre la signification de l'idée même de révolter, d'avorter, de se venger dans ce contexte historique  :  de l'autorité et de l'autonomie de soi. En contrôlant certains aspects de sa vie, Tituba réussit—même si seulement d'une petite façon, même si elle finit par rater en ce qui concernait le but—à lutter contre la société blanche. Une victoire est toujours une victoire, quelle que soit sa profondeur ou son envergure. Après tout, Tituba nous dit, « Bientôt j'atteindrai au royaume où la lumière de la vérité brille sans partage…. (263) Je ne suis pas pressé, libérée de cette impatience qui est le propre des humains. » (épilogue)

 

                                                                                       Marialanna Lee, Automne2003.

               Le livre de Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière… , est un livre par une femme, au sujet d'une femme. A cause de cela, évidement, il y a des thèmes des femmes dans cette histoire. La différence de la perception d'une femme entre les deux cultures-la culture noire et la culture blanche- en particulier la perception du corps d'une femme est un thème intéressant.

               On a l'impression d'être une femme d'esclavage dans le premier paragraphe du livre. Condé commence avec le viol d'Abena, dans la grande ironie, sur le pont du Christ the King . La vie d'Abena en générale nous donne un peintre de la tristesse et les problèmes d'être une femme sous l'esclavage. A la page 17, par exemple, elle dit, « Ma mère pleura que je ne sois pas un garçon. Il lui semblait que le sort des femmes était encore plus douloureux que celui des hommes. » Mais en même temps, certains femmes avaient des places importante ou de puissance dans leur société. Par exemple, Man Yaya semble avoir une puissance dans son propre monde (ou elle a puissance comme Tituba le percait). Par exemple, à la page 21 Condé dit de Man Yaya « On la craignait. Mais on venait la voir de loin à cause de son pouvoir. » Dans les deux cultures, il me semble qu'il y a un rôle important de la veille femme—Man Yaya dans la culture noire et Susanna Endicott dans la culture blanche. A la page trente, on a un bon exemple de la perception du corps. La conversation entre Man Yaya et Tituba. Tituba dit, « Jusqu'alors, je n'avais jamais songé à mon corps. Etais-je belle ? Etais-je laide ? Je l'ignorais. Que m'avait-il dit ? » Man Yaya répond « Tu sais que tu pourrais être belle. » Après ça, on a la scène de masturbation. Ca est vraiment en contraste avec la culture puritaine des blanches. Il y a une acceptation et un amour pour le corps de Tituba et pour elle-même dans cette scène.

             

              Aussi, on peut voir le désespoir de Tituba dans son corps et l'entretien de cette corps est une réflexion de sa valeur à ses yeux. John Indien dit, à la page 160, «  Tu te négliges, ma femme ! Autrefois, tu étais une prairie où je paissais. A présent, les hautes herbes de ton pubis, les fourres de tes aisselles me rebutent presque ! » Elle répond « Pardonne-moi, John Indien et continue de m'aimer, même si je ne vaux plus rien. »

               Maintenant, on peut regarder la perception blanche. Ces femmes habitent dans un monde puritain. Le plaisir mondain et relèvent du péchés. Leur corps et leurs cheveux doivent être couverts. Pour les femmes blanches, leurs corps sont une chose de disgrâc e . Par exemple, la différence entre la perception de l'acte sexuel est visible dans la conversation entre Tituba et Elizabeth à la page 70. Elizabeth commence :

« --Si tu savais ! Il me prend sans ôter ni mes vêtements ni les siens, pressé d'en finir avec cet acte odieux.

Je protestai :  --Odieux ? Pour moi, c'est le plus bel acte du monde. »

Pour les Puritaines, l'acte sexuel est « odieux ». C'est une réflexion en général pour la corps des blanches puritaine mais en particulier pour les femmes de cette culture et leurs opinions au sujet de leurs corps. Dans une autre conversation entre les deux femmes, la différence des cultures est très évidente. A la page 72, Elizabeth demande « Tituba, ne penses-tu que c'est malédiction d'être femme ? » Tituba répond « Maîtresse Parris, vous ne parlez que malédiction ! Quoi de plus beau qu'un corps de femme ! Surtout quand le désir d'un homme l'anoblit ! » Après cela, elle dit « Ce fut notre seule querelle. Véritablement, je n'en compris pas la cause. » C'est cette idée fondamentale de l'idée d'être femme qui sépare les expériences des deux femmes.

Le grand thème d'une sorcière est un sujet très important dans ce roman mais aussi pour les féministes. Pourquoi les femmes étaient-elles le logement de Satan, les partenaires ? Pourquoi devaient-elles être les boucs émissaires ? Pour moi, ce acte, vraiment de femmicide (un mot anglais, peut-être) est la plus grande réflexion de la perception et de la valeur des femmes en cette société, et l'histoire de société européenne et américaine.                                                                                 

  Anna Griffin, Automne 2003.

   

 


Last Updated: February 18, 2005